La 6e édition aura lieu les 15, 16 et 17 septembre 2017

   
 
Les styles architecturaux

DEUX SIÈCLES D’ARCHITECTURE

La construction du boulevard Lacombe vers la fin des années cinquante a canalisé le développement commercial sur cette artère. Le secteur patrimonial de la rue du Village, qui évoque à la fois un vieux village et un endroit de villégiature a ainsi été sauvegardé.


Le portrait sommaire des types architecturaux que nous vous présentons vise à faciliter l’observation des composantes qui caractérisent les habitations du secteur patrimonial. Toitures, galeries, ouvertures et revêtements qu’ils soient d’origine ou qu’il s’agisse d’ajouts introduits par la mode et les nouveaux matériaux, nous racontent une histoire. Ils témoignent des changements que connaît le Petit Village au cours du 19e et du 20e siècle.


Construit selon les règles de la belle ouvrage

Certains contrats notariés font mention d’habitations ou de bâtiments « construits selon les règles de la belle ouvrage». À l’époque, c’était on ne peut plus clair. Si certains colons n’ont guère plus que leur courage à leur arrivée au pays, d’autres possèdent la solide expérience d’un métier acquis en France. C’est ainsi que charpentiers, menuisiers et maçons reprennent les gestes appris chez eux et construisent en Nouvelle-France une maison d'esprit français.

La maison d’esprit français, dite de Montréal

La maison de pierre sise au 326, rue du Village fut construite vers 1780. Bien ancrée au sol, presque carrée, ses cheminées massives sont intégrées dans le prolongement du mur pignon qui dépasse le toit. Une partie de cet excédent sert de conduit pour la fumée. Les souches des cheminées étant situées sur les versants opposés de la toiture, on dit qu’elles sont disposées en chicane. La chaleur dégagée par les foyers ne permet pas d'habiter l'étage, il sert d'entrepôt et la fenestration se limite à de petites ouvertures percées dans les murs pignons. Ce modèle est courant dans la périphérie de Montréal.


Lors de la construction de cette maison d’esprit français, il est probable que le toit était droit et qu’il excédait à peine des murs. Il a vraisemblablement été modifié par l’ajout de coyaux sur les chevrons, dans la première moitié du 19e siècle. Cette transformation correspond au goût de l’époque. Les avis sont partagés quant aux facteurs qui ont contribué à populariser cette pratique de prolonger le toit en lui donnant une courbe. Une chose est certaine, le résultat démontre un sens des proportions et une maîtrise de techniques de construction remarquables. Quant aux consoles décoratives d’esprit Victorien situées aux extrémités du toit de la galerie ont probablement été ajoutées vers 1900.

         

Le modèle traditionnel québécois

Au 19e siècle, le modèle québécois prend forme. Le toit galbé s’éloigne des murs porteurs et se prolonge jusqu’à couvrir la galerie qui gagne en popularité, après 1850. On réduit le volume des cheminées, car le foyer est progressivement délaissé au profit du poêle à bois qui améliore le chauffage et permet d’habiter l’étage. Fenêtres et lucarnes éclairent désormais l’étage. Les fondations de pierres dégagent la maison du sol et la pratique de creuser une cave où on conserve les denrées se généralise.

 

Restaurée minutieusement, la maison sise au 357, rue du Village illustre la transition vers le modèle québécois. L’âtre avec sa cheminée massive de même que la charpente qui soutien le toit sont caractéristiques du modèle français. Construite en pièces sur pièces et recouverte d’un crépi de ciment, elle est reliée à l’atelier par un ajout qui servait de tambour et de laiterie.


Le modèle à toit brisé

À la fin du 19e siècle, la modernisation des techniques de chauffage et de construction contribue à populariser le modèle à toit brisé aussi appelé « à la Mansart ». Il permet une meilleure utilisation de l’espace à l’étage et répond aux besoins des familles nombreuses. La popularité du style Second empire dans les édifices publics (hôtel de ville de Montréal, parlement du Québec) et les maisons bourgeoises a probablement contribué à sa diffusion en milieu rural. Près du centre du village, on retrouve quatre de ces maisons à toit brisé.

Construite en 1894 et parfaitement conservée, la résidence du 341, rue du Village est recouverte de planches à feuillure et coiffée d’un toit en tôle à baguettes. Les ouvertures disposées avec symétrie sont nombreuses et deux lucarnes à pignon complètent l’ensemble. La galerie couverte se prolonge harmonieusement sur le côté en formant un demi-cercle.



La maison d’esprit victorien


La maison d’esprit victorien La maison de villégiature L’ère victorienne qui s’amorce dans la deuxième moitié du 19e siècle marque l’arrivée de la maison d’esprit victorien qui englobe différents styles inspirés du passé, dont le néogothique, le néoclassique, le Second Empire, etc. La maison d’esprit victorien se distingue par la recherche des effets, chaque élément devient prétexte à la décoration. Les galeries et les lucarnes s’ornent parfois de véritable dentelle de bois.

Construite en 1905, la maison érigée au 284, rue du Village est, avec son toit à hautes mansardes recouvertes de tuiles d’ardoise et sa tourelle en saillie, un exemple de l’influence du style Second Empire.

La maison de villégiature

Au début du 20e siècle, la diversité des styles permet désormais de personnaliser l’habitation. Les architectes empruntent parfois des éléments de décoration à différentes époques, on qualifie alors ce style d’éclectique. Situé à proximité de Montréal, borné par la rivière et ses plages de sable, le village de Saint-Paul L'Ermite offre le cadre champêtre idéal pour la construction de belles villas. Ces maisons de villégiature dont on peut voir des exemples au 290 et au 320, rue du Village, se distinguent par leur situation en retrait de la route et l’aménagement d’un terrain clôturé. Une allée centrale conduit à l’entrée principale, large et imposante. La maison située au 320 était la propriété d’un important architecte montréalais, Raoul Gariépy, à qui on doit l’édifice d’Archambault musique sur la rue Sainte-Catherine et le théâtre Rialto. Il serait également l’auteur des plans de la somptueuse demeure que M. Edmond Archambault fit construire au 400, rue du Village, vers 1915.

           

     


Le vernaculaire américain ou vernaculaire industrielle.

Au tournant du 20e siècle, la croissance démographique, l’industrialisation de la production, le développement du transport par train, et la diffusion de plans dans les catalogues et les revues spécialisées facilitent l’implantation de nouveaux modèles très populaires chez nos voisins américains. La grande famille du vernaculaire américain comprend les cottages vernaculaires, les maisons cubiques et les maisons Boomtown. (Vernaculaire signifiant propre à un pays ou une région. Par extension on l’associe à l’industrialisation de la production des matériaux de construction.) Les échanges commerciaux et l’immigration anglophone contribuent aussi à introduire dans le paysage québécois un nouveau modèle issu des États de la Nouvelle-Angleterre : le cottage américain. On le reconnaît à sa forme rectangulaire très sobre et à son toit en pente douce, sans lucarne. La plupart du temps, l’entrée principale se situe dans le mur pignon qui donne sur la rue.

 

Les échanges commerciaux et l’immigration anglophone contribuent aussi à introduire dans le paysage québécois un nouveau modèle issu des États de la Nouvelle-Angleterre : le cottage américain. On le reconnaît à sa forme rectangulaire très sobre et à son toit en pente douce, sans lucarne. La plupart du temps, l’entrée principale se situe dans le mur pignon qui donne sur la rue.

Les maîtres d’œuvre adoptent les techniques de construction modernes reliées à la production de matériaux standardisés comme les colombages de deux pouces par quatre pouces, de huit, dix ou douze pieds de long, mais ils conservent certaines façons de faire éprouvées. Ainsi, au 380, rue du Village, on remarque le revêtement du toit composé de plaques de tôle disposées en diagonale ce qui facilite l’écoulement de l’eau. Ce type d’assemblage est appelé « à la canadienne », la couverture de l’Église en est un bel exemple
   

Le courant cubique et le Boomtown

Le perfectionnement des techniques d’assemblage des revêtements de tôle et l’introduction du papier goudronné permettent de nouvelles formes de toits. La maison cubique coiffée d’un toit à quatre versants peu prononcés ainsi que le modèle Boomtown avec son toit à pente douce sont simple à construire, très logeable et accessible.      
Le bungalow
Dans la seconde moitié du 20e siècle, le Québec entre dans la modernité et les très beaux Bungalows du croissant des Dirigeants illustrent bien le courant nord- américain qu’adoptent les Québécois.